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LE DEVELOPPEMENT DU CHIOT
Plusieurs auteurs insistent à juste titre sur l’importance des premiers mois de vie du chiot. « La chose qui m’est apparue dans toute son ampleur, c’est l’importance prépondérante de ce temps de la jeunesse du chien pour sa vie ultérieure, mais aussi ce que cela signifie pour notre propre relation avec le chien. Les différentes influences au cours de la première année imprègnent le chien et peuvent être plus fortes que les caractères innés ».
De grandes différences s’observent non seulement entre les races (les chiots de grandes races se développent en général plus lentement que ceux de petites races), mais aussi entre les individus (Scott estime même qu’à l’âge de 3 semaines, il peut y avoir 1 semaine d’écart entre les chiots)
Le développement des chiots peut se diviser en 7 stades :
v STADE 1 : LA PERIODE PRENATALE
Cette période est peu connue. Ce qui est certain, c’est que le stress provoque des modifications hormonales chez la chienne en gestation, modifications qui à leur tour, semblent avoir des effets à long terme sur les réponses physiologiques des chiots, sur leurs réactions face à la nouveauté et sur leurs capacités d’apprentissage.
Par ailleurs, les capacités tactiles du chiot se développant avant la naissance, il semblerait qu’une forme d’habituation au contact puisse déjà se produire in utéro, par les caresses données à la mère. Les chiots manipulés de cette façon auraient une tendance au toucher supérieure à celle des chiots nés d’une mère non caressée.
v STADE 2 : LA PERIODE NEONATALE : DE LA NAISSANCE A 14 JOURS
u La période végétative
Cette période
est en quelque sorte le prolongement de la vie intra-utérine
du stade précédant. Les
chiots sont très mal équipés à la naissance, car
leur système nerveux n’est pas encore totalement développé,
le cortex cérébral est pratiquement inexistant et le tracé
encéphalographique d’apparence très plate.
Le jeune se déplace tout d’abord en rampant, car ses membres sont
incapables de le soutenir. Vers le 10ème jour ; il commence à
utiliser des pattes antérieures tout en trainant son arrière-train.
Les pattes postérieures entrent en action vers le 15ème jour.
u Le développement des sens
Les chiots naissent sourds et aveugles : leurs yeux ne vont s’ouvrir qu’aux alentours du 14ème jour et la majorité d’entre eux ne réagissent pas aux sons avant le 19ème voire le 25ème jour.
Le sens gustatif semble bien développé : les substances sucrées déclenchent le léchage alors que les substances amères provoquent des mimiques faciales caractéristiques.
Contrairement
à ce que l’on entend souvent dire, le chiot est sensible
à la douleur, mais il n’y réagit que de manière
très diffuse.
Au cours de ce stade, le chiot dépend entièrement de sa
mère. Il dort pendant la plus grande partie de la journée
(environ 90% du temps). Il s’agit essentiellement de sommeil
agité (sommeil paradoxal).
u Les tétées
Le chiot
tète environ 7 à 10 fois par 24 heures, mais
certaines femelles allaitent beaucoup plus souvent. Ces variations peuvent dépendre
du tempérament de la mère, de la qualité de son lait, du
nombre de chiots, des conditions environnementales…
Il ne faudrait pas considérer la tétée comme une simple
distribution de nourriture : elle joue un rôle prépondérant
dans l’établissement du lien entre le petit et sa mère.
u L’élimination
L’élimination n’est pas encore volontaire. Ce sont les léchages de la mère qui déclenchent la miction et la défécation. Au cours de ces opérations les chiots restent totalement immobiles. Ce comportement se ritualisera pour acquérir une nouvelle signification, devant peu à peu un geste de soumission passive (couché sur le dos, parties génitales visibles).
u La température corporelle
Les chiots
nouveau-nés ne sont pas capables de maintenir une température
corporelle normale : ils n’ont pas acquis l’homéothermie
(ils ont chauds s’il fait chaud, froids s’il fait froid!).
Cependant, comme leurs sensibilités thermique et tactile sont bien développées
à la naissance (les chiots ressentent le chaud et le froid et apprécient
ce qui est doux), ils sont capables d’atténuer jusqu’à
un certain point les écarts de température en modifiant leur comportement.
Par exemple, en rampant, ils peuvent s’approcher ou s’éloigner
de leurs congénères en fonction de leurs besoins.
u La communication entre la mère et les chiots
Les chiots commencent à vocaliser peu de temps après la naissance. Les pleurs ont pour but de signaler un problème (perte de contact avec la mère ou la fratrie, impossibilité de trouver une tétine, souffrance).
Les différentes recherches n’ont pas encore défini de façon certaine ce qui fait réagir la mère. Certaines observations portent à croire que les pleurs des chiots suffisent à déclencher une réaction maternelle. D’autres observations prouveraient que, pour réagir, la mère doit voir les mouvements de son chiot.
L’activité du chiot modifie grandement le comportement maternel : un chiot actif mais silencieux reçoit plus d’attention qu’un chiot bruyant mais peu actif. Si par inadvertance, la chienne se couche sur un chiot, elle ne réagit pas aux cris de douleur s’ils ne sont pas accompagnés de mouvements (d’où une surveillance 24h/24 au cours des premières semaines !!)
u L’influence de l’environnement
Bien que la vie des chiots soit plus ou moins végétative, il ne faut pas croire que l’environnement n’exerce aucune influence sur eux.
Si au cours de ce stade, l’influence des frères et sœurs est faible (le chiot n’établit pas encore de véritables relations avec eux, si l’on exclut le simple contact corporel), l’environnement physique joue par contre un rôle non négligeable. Par exemple, Fox a démontré que de légers stress subis au cours de cette période peuvent être bénéfiques. Certaines stimulations (lumière, son, température…) accéléreraient la maturation du cerveau et favoriseraient son développement.
Dés leur 2ème semaine, les chiots manipulés ont un rythme cardiaque plus rapide et leurs ondes cérébrales lors du sommeil ont une plus grande amplitude que celles de sujets non manipulés. Fox suppose que les chiots manipulés ont une plus grande maturité que les autres. Ils sont plus actifs, explorent davantage leur environnement et se montrent très sociables envers les humains. On constate l’effet inverse chez les chiots isolés. De telles stimulations apprennent aux chiots à réagir plus calmement, à répondre de manière moins émotive aux nouveautés et à acquérir une plus grande stabilité émotionnelle, ce qui sera bénéfique lorsque, plus tard, ils seront confrontés à des situations complexes d’apprentissage ou lorsqu’ils se trouveront en compétition.
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STADE 3 : LA PERIODE DE TRANSITION : DE 14 JOURS A 21 JOURS
u Le développement des sens
Le début de la période de transition coïncide à peu près avec l’ouverture des paupières et se termine au moment des premières perceptions auditives.
Au cours de ce stade, les coordinations motrices s’améliorent. La démarche n’est pas encore complètement assurée mais le chiot se déplace de mieux en mieux et de plus en plus vite.
Bien que les paupières ne s’ouvrent qu’entre le 10ème et le 16ème jour ; le chiot n’a pas encore une vision claire. Il faut attendre le 21ème jour pour que l’orientation visuelle devienne réellement possible.
Si les chiots passent encore beaucoup de temps à dormir, ils restent éveillés plus longtemps (environ 35% du temps). Le sommeil lui-même se modifie : les phases de sommeil paradoxal diminuent pour faire place à des phases de sommeil calme.
Il arrive parfois que, tout comme leurs congénères sauvages, les chiennes régurgitent ce qu’elles ont mangé pour en faire profiter leurs chiots. Les petits canidés sauvages quêtent d’ailleurs de la nourriture en léchant les babines des adultes de la meute lors de leur retour au gîte. Ce comportement s’observe également chez les chiots et se transformera peu à peu en rituel de salutation, destiné aussi bien aux congénères qu’aux hommes, ce qui explique la tendance des chiens à accueillir leurs maitres en bondissant sur eux.
u Des relations plus actives
Nous assistons aux premières relations actives dans la fratrie. Les premiers léchages réciproques s’observent vers le 17ème jour et les premiers jeux font leur apparition. Il s’agit de mordillements d’oreilles et de pattes accompagnés parfois par de petits grognements et quelques battements timides de la queue.
Des études ont révélé une hiérarchie linéaire rudimentaire : les chiots les plus lourds sont le plus souvent dominants, ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite.
Grace à tous ces progrès, la découverte du monde peut commencer !
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STADE 4 : LA PERIODE DE SOCIALISATION : DU 21ème JOUR A 10-12 SEMAINES
u La maturité des sens
Le chiot devient assez agile pour courir, sauter et garder son équilibre.
Il s’oriente bien par rapport aux bruits et sa vision est assez bonne. Jusqu’à 4 mois cependant, la vision reste floue et l’identification des objets ou des individus est difficile.
L’exploration buccale est intense : les jeunes font connaissance avec les objets en les mordillant.
u L’adaptation à l’environnement
D’après certains auteurs, la période s’étendant entre la 8ème et la 10ème semaine serait critique pour le chiot, car c’est à cet âge qu’il développerait des réponses d’évitement s’il est confronté à des expériences traumatisantes, qu’elles soient physiques ou psychologiques. De telles expériences peuvent avoir des effets à long terme, surtout si elles ont lieu dans les 8ème et 9ème semaines.
En raison de tous les progrès qu’il a effectué, le chiot interagit de plus en plus avec son milieu et ses congénères (parents, fratrie). Les premières relations sociales et les premiers attachements émotionnels se développent. C’est le début des activités de groupe, chacun imitant son voisin.
Au cours
de cette période, le chien va découvrir
son identité canine, apprendre à reconnaître les
espèces amies, s’adapter à son environnement.
Cette période est délicate en ce qui concerne
la formation des relations sociales primaires (les premiers attachements)
et l’imprégnation à un milieu.
Parce que les expériences que le chien va vivre pendant ce laps de temps
sont cruciales pour le reste de sa vie et que certaines d’entre elles
sont absolument nécessaires à son équilibre.
u L’imprégnation à ses congénères ou socialisation intra-spécifique
A la naissance, le chiot ne sait pas qu’il fait partie de l’espèce canine et doit apprendre à devenir un animal social.
Les six premières semaines de vie semblent jouer un rôle primordial dans cet apprentissage. Les diverses recherches éthologiques mettent en lumière le rôle prépondérant des jeux dans l’acquisition de son identité de chien. Les contacts que le chiot entretient avec ses frères et sœurs sont donc très importants, puisque c’est surtout avec eux que les jeux sont les plus intenses et deviennent de plus en plus élaborés.
C’est en jouant que les chiots vont exercer les diverses postures typiques de leur espèce et vont peu à peu leur attribuer une signification grâce aux réactions qu’elles provoquent chez leurs congénères. Ils vont chasser leurs frères et sœurs, les attaquer, les poursuivre, aboyer contre eux, essayer de leur prendre leurs jouets, solliciter leur participation aux jeux, se soumettre, défendre leur « proie ». En bref, se comporter en chien et apprendre ce qui est acceptable ou non dans le monde canin. En l’absence de fratrie, ce sont les parents ou d’autres chiens qui vont socialiser le chiot.
Mise en garde : Ainsi, un chiot placé trop tôt (avant la 6ème semaine) dans un environnement humain sera gravement perturbé s’il n’a plus d’interactions ou seulement des interactions sporadiques avec ses congénères. Comme il est «programmé» pour faire une imprégnation, il le fera sur l’espèce avec laquelle il a le plus de contacts, en général les humains. Un chien isolé socialement des autres chiens se montre par la suite asocial vis-à-vis d’eux, soumis à l’ extrême ou alors tellement asocial qu’il en devient agressif. Il peut réagir par une excitation diffuse, rester complètement passif, ne pas savoir répondre à l’agressivité de ses congénères, jouer de manière indépendante en les ignorant. En un mot, il est peu probable qu’il établisse de vraies relations avec ses congénères. Réciproquement les autres chiens ont tendance à rejeter un congénère non socialisé à son espèce et peuvent dans les cas extrêmes se montrer très agressifs à son égard, jusqu’à le prendre en chasse comme s’il s’agissait d’un individu d’une autre espèce.
La présence de compagnons de jeux du même âge ou d’un âge proche semble tout aussi importante si l’on veut que notre futur compagnon sache modérer la pression de ses mâchoires lorsque, plus tard, il jouera avec nous. Cet apprentissage appelé «inhibition de la morsure» se fait aux alentours de la 5ème semaine grâce aux réactions que ses comportements déclenchent chez ses pairs lorsqu’il joue trop brusquement avec eux. S’il serre trop fort les mâchoires, il provoquera une certaine souffrance et une réplique de son compagnon qui le mordra à son tour. Comme chaque morsure est immédiatement sanctionnée par la contre-attaque de son vis-à-vis, le chiot apprendra petit à petit à modérer la pression des ses mâchoires. Cependant, les humains doivent continuer cet apprentissage en réagissant de manière ferme chaque fois que le jeu devient douloureux.
Pour que
ces apprentissages perdurent, il faut que l’animal ait la possibilité
de garder des contacts avec ses pairs. Sinon, il risque de
se désocialiser. Si chaque fois que vous voyez pointer au loin
une truffe ou un bout d’oreille, vous vous précipitez pour saisir
à bras le corps votre toutou, vous ne lui rendez pas service !
u La socialisation interspécifique
Au cours de la même période, surtout jusqu’à la fin du 3ème mois, le chiot s’habituera aux différentes espèces animales (y compris l’homme) qui côtoiera.
Dés la troisième semaine, le chiot est attiré par tout objet nouveau, surtout s’il est animé. Une fois acquise une certaine familiarité avec les différentes espèces qu’il côtoie, il aura tendance à considérer ces espèces comme des espèces amies : ayant appris à les connaitre au cours de son jeune âge, le chien ne les craindra plus et se montrera amical à leur égard. Pour qu’il soit le plus sociable possible, le chiot doit établir des contacts positifs très étendus avec de nombreux types de personnes: des bébés, des enfants de différents âges, des hommes, des femmes, des adolescents, des jeunes adultes, des personnes âgées…
Le milieu (objets, bruits, odeurs, etc.) dans lequel se déroulent les premières semaines de la vie du chiot aura aussi une importance prépondérante sur ses réactions futures face aux nouveautés. En découvrant son environnement immédiat, puis en explorant les alentours, le chiot apprendra à identifier tout ce qui l’entoure. Ce milieu constitue une sorte de cadre de référence qui servira de modèle avec lequel seront comparées les situations nouvelles que le chiot devra affronter. Ce phénomène lui permettra de régulariser son émotivité et il n’aura par la suite aucune réaction si la situation lui semble « normale ». Cette imprégnation au milieu (une sorte d’apprentissage par habituation) se fait en parallèle avec le processus de socialisation.
Remarque : bien que la phase sensible pour la socialisation interspécifique se situe aux alentours de la 7ème semaine, on constate des différences entre les races. Par exemple, la période de socialisation s’étend de la 2ème à la 10ème semaine chez les Golden Retriever, mais de la 4ème à la 18ème semaine chez le Labrador.
u L’acquisition de la notion de hiérarchie
L’acquisition de la notion de hiérarchie se fait tout d’abord dans le cadre des relations que le chiot établit avec sa mère et avec ses frères et sœurs, pour ensuite s’étendre aux membres de la famille humaine dans laquelle il vivra.
Hiérarchie avec la mère : vers la 3ème ou la 4ème semaine, la plupart des chiennes modifient leur comportement et se montrent moins tolérantes lors des tétées. Elles allaitent souvent en position debout et pour des périodes de plus en plus courtes. La chienne quitte de plus en plus souvent le nid et commence à les repousser activement quand ils cherchent à téter. Elle grogne ou pratique une morsure inhibée au museau si les petits insistent ou sont trop turbulents. Chaque mère réagit en fonction de son tempérament, de son passé et du tempérament des chiots.
Hiérarchie
dans la fratrie : dés les premières chamailleries,
en fonction des réactions que suscitent ses comportements (il fait
de même avec les humains avec lesquels il vit), le chiot prend conscience
peu à peu de la notion de rang social dans la fratrie.
L’établissement d’une relation hiérarchique avec ses
pairs est un processus normal qui prépare l’intégration
future des jeunes dans la meute des adultes.
Cependant, les débuts de la hiérarchisation dans la fratrie sont
encore très flous et varient en fonction des circonstances et de la motivation
de chacun. Les relations sont d’abord fluctuantes, puis
se stabilisent peu à peu, tout au moins en ce qui concerne les rangs
extrêmes qui semblent clairement établis vers la 8ème semaine.
Mesure des tendances sociales : en ce qui a trait aux tendances sociales des chiots par rapport aux humains mesurées par les tests de Campbell (test d’évaluation du comportement), on n’observe aucune corrélation entre la 7ème semaine (premier test) et la 16ème semaine (2ème test), et ce, pour de nombreuses races étudiées. Cinquante pour cent des sujets passent de la catégorie « dominant » à la catégorie « neutre », ou de « neutre » à « soumis » et 12% deviennent plus dominants.
Comme on peut le constater, le stade de la socialisation est extrêmement important pour le développement de nos chiens.
Mais, ce que les chiots ont acquis durant ce processus n’est pas fixé définitivement. Il faut que les chiots puissent maintenir des contacts avec d’autres chiens (chiots ou adultes) et avec des humains (hommes, femmes, bébés, enfants, adultes, personnes âgées), et qu’ils puissent connaître toutes sortes d’environnements.
Un chiot confiné dans un jardin sans possibilités d’en sortir perdra une grande partie de son acquis et pourra se désocialiser, ou s’effrayer des nouveautés.
Si nous avons tout entrepris, en tant qu’éleveur, pour favoriser un développement harmonieux de votre chiot jusqu’à ce stade ; il en revient à vous, désormais, de terminer la phase de socialisation et de gérer au mieux les stades suivants. Donc, à vous de jouer!
v STADE
5 : LA PREPUBERTE (PERIODE JUVENILE) : DE 10-12 SEM JUSQU'A LA MATURITE SEXUELLE
Au cours de cette période les divers comportements ne changent
pas de manière significative, si ce n’est que les chiots
deviennent plus adroits dans leurs mouvements. Ils commencent également
à aboyer en entendant différents bruits, surtout la nuit.
u Une période sensible
Selon Brunner,
entre le 4ème et le 6ème mois, le chien traverse une autre
période sensible au cours de laquelle il sera marqué
plus fortement par des événements traumatisants.
Bien que les capacités d’apprentissage des chiots soient grandes,
il est déconseillé à cet
âge de leur faire effectuer des taches difficiles, car
ils ont encore tendance à s’exciter pour un rien et ont de la peine
à maintenir une attention soutenue pendant de longues périodes.
Pour Feddersen-Patersen, il y a une nouvelle phase de socialisation entre le 6ème et le 9ème mois ; les expériences vécues à cet âge vont consolider les tendances sociales du chien ainsi que son assurance.
Si la puberté apparaît soudainement chez les femelles avec les premières chaleurs, elle se fait plus progressive chez le mâle et est associée à l’augmentation du niveau de testostérone. Celui-ci atteint un sommet vers 10 mois avant de se « stabiliser » à un niveau inférieur. La maturation sexuelle se décèle lorsque les mâles commencent à lever la patte.
La période de la puberté est très difficile pour les propriétaires (et pour les chiens qui cherchent leur place) et rappelle étrangement l’adolescence chez les humains. Les chiens ont tendance à s’enfuir, à ne plus obéir ou même à se rebiffer contre leur maître. Certains chiens adoptent des comportements craintifs inexplicables, d’autres des comportements capricieux ou semblables à des comportements déséquilibrés. Ces comportements incompréhensibles (qui peuvent faire penser que le chien a perdu toutes ses bonnes manières) disparaissent généralement aussi vite qu’ils sont apparus, pour autant que les humains sachent y répondre correctement, c'est-à-dire qu’ils restent fermes sans chercher à mater le chien.
Evidement, tous les sujets ne réagissent pas pareillement et cette période peut aussi bien passer inaperçue.
Au cours de ce stade, généralement entre le 18ème et le 36ème mois, le chien atteint sa maturité sociale. L’atteinte de l’âge adulte ne signifie aucunement que tout soit joué : de nombreuses observations montrent en effet que le tempérament est encore sujet à des modifications, principalement chez les grandes races dont le développement est lent.
Avec les années, le chien va acquérir de plus en plus de maturité et devenir moins rapidement excitable. Tous continuent à apprendre de multiples choses tout au long de leur vie...
Source: "Le Chien, un loup civilisé", de Teroni et Cattet (un livre exceptionnel que je vous conseille de lire dans son intégralité. Un vrai régal...)
Mot de l'Editeur: " Le chien descend
directement du loup et, quelle que soit sa race, il porte encore aujourd’hui
cet héritage génétique. Cet ouvrage fascinant, fondé
sur les plus récentes recherches en éthologie, retrace l’origine
et l’évolution du chien, son développement, l’influence
de l’hérédité et de la domestication sur son comportement,
son organisation sociale et ses moyens de communication. De plus, le lecteur
trouvera des conseils, entre autres sur le choix d’un chiot, son éducation
et l’attitude à adopter face à un chien à problèmes.
Cet ouvrage s’adresse aux personnes qui travaillent avec les chiens, mais
aussi à celles qui possèdent un chien et aux curieux qui s’intéressent
à lui".